Critiques de la Bourse
« La Bourse est un casino ! »
« La spéculation est nuisible »
Les controverses sur les rôles considérés bénéfiques et
maléfiques de la
spéculation ont été formulées de tous temps.
Appliqués à la Bourse, ces lieux communs dénoncent
principalement la « virtualisation » de l'argent ainsi
investi, qui correspondrait à un jeu de hasard (casino)
condamnable, ou bien où l'emporteraient les conséquences
économiques dommageables (nuisibles). Sous-jacente est
l'idée moralisatrice que spéculer, en anticipant l'avenir et
prenant des risques ne correspondrait pas à un travail,
seule activité considérée honorable et utile par les
porteurs de cette critique. Ils tentent de montrer par là la
différence entre les revenus du travail, considérés comme
sains, et les revenus du capital, inégalitaires car perçus
comme non accessibles à la majorité et complètement
dématérialisés, et comme tels pouvant apprécier ou déprécier
la valeur des entreprises sur la seule foi de rumeurs ou
d'événements mineurs. À l'inverse, les tenants de la
spéculation considèrent qu'il s'agit d'un travail
intellectuel d'analyse indispensable à la société qui permet
de diriger les capitaux vers les sociétés innovantes, de
donner des moyens aux forces de progrès et donc de faire le
meilleur usage des capitaux disponibles. À ce propos, il
convient de distinguer les opérations de trading, qui ont
peu d'impact sur l'activité des sociétés, des opérations en
capital qui sont elles de véritables opérations
d'investissement.
Il est à noter cependant que
John Maynard Keynes,
a défendu l'idée que la "Bourse" (c’est-à-dire le marché
secondaire) était un « concours de beauté », considérant que
pour gagner en bourse il ne faut pas investir sur
l'entreprise potentiellement la plus rentable mais sur
l'entreprise dont tout le monde pense qu'elle est
potentiellement la plus rentable. Cette différence qui peut
paraître minime ouvre en fait sur une ère où la
communication est reine. Selon Keynes, il n'est pas toujours
nécessaire à une entreprise d'être rentable, il peut suffire
de le faire croire à une majorité, et de faire savoir que la
majorité le croit. C'est ainsi qu'aidés par des comptables
peu scrupuleux des scandales comme
Enron ou
Worldcom ont pu
survenir.
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